L’allaitement et le respect des corps

En guise d’introduction sur l’allaitement, je vous dirais juste que cet article ne fustige pas le biberon. « Mon corps, mes choix, mes libertés » est une véritable devise. Donc en résumé : que ce soit le sein, le biberon, c’est votre histoire et en rien une remise en cause. C’est juste un point de vue sur ce que l’allaitement et son lien aux respects des corps ont fait émerger en moi. Et en quoi cela m’a fait réfléchir. J’ai donc 3 allaitements très différents à mon compteur. C’est une évidence que chaque enfant est différents et par extension, dans le sujet du jour : leur rapport avec leur besoin affectif, alimentaire.

L’allaitement m’a appris le respect des corps. J’en avais l’idée en théorie, mais quand il s’agit d’un petit d’homme, on passe de nos notions théorique à une pratique qui se réinvente chaque jour. J’ai appris qu’un tout petit, un nouveau-né, c’est son corps qui passe avant tout. Il est dans une dépense de gestes et d’intervention des tiers non négligeable. Et puis il grandit. C’est cool. Ses besoins, ses dépendances, tout un tas de chose changent. J’avoue, c’est enfoncer des portes ouvertes, et pourtant.

Pour qu’un allaitement fonctionne (à cette époque j’étais dans la performance de la bonne maman), on recommande un allaitement à la demande du bébé. Alors, j’ai observé ses demandes. Pas de bol, le modèle fournis faisait rarement les tirages de langue significatif et quand je lui proposais, moins mère à l’affut, il refusait le sein. Un truc clochait. J’ai donc proposé à mon bébé de téter, souvent. J’ai appris 6 ans plus tard, un diagnostic dans les mains, que ce n’étais pas étonnant. Les enfants ayant une dysphasie peuvent avoir des difficultés avec des mouvements s’il ne les acquiert pas de façon innée.

Attention, j’ai allaité longtemps dans le regard de bien des gens. Je l’ai conduit au sevrage au début de la 3° grossesse. Je ne me voyais pas allaiter 3 enfants en même temps.

Mon 2° enfant est venu peu après les 2 ans de mon 1er. J’ai appris avec lui qu’un enfant peut avoir mal, si mal que l’allaitement est un antidouleur efficace en accompangement d’un traitement médicale supplémentaire.  Et une hyper lactation un enfer. En gros je produis assez de lait pour plus d’enfant que ceux que j’ai devant moi. Il m’a appris aussi que  la tétine ca peux sauver la vie quand on a besoin de téter sans lait et que chez môman c’est pas possible.Il m’a appris la fatigue et a tirer sur la corde. Il s’est sevré brutalement, sans que je le souhaite quand notre 3ièmes est venu au monde. Sans prévenir. Alors que l’ainées, je me suis souvenu commencer a diminuer les « ok », à un moment, je ne sais quand c’était fini. Moi qui me voyait encore une fois co-allaité, j’ai connu cette célèbre phrase de Lenon : « Life is what happens while you are busy making other plans »

Mon 3ième, lui aussi est très différents dans sa façon d’aborder le sein.

Mes enfants m’ont aussi appris le passage de l’allaitement à la demande à l’allaitement à ma disponibilité. Ben oui, ils ont grandi. Je ne souhaitais plus une disponibilité sans fin. Et puis parfois moi, j’étais dispos, et pas eux.

Les nouveau-nés m’ont appris que parfois le respect, c’est le tout petit en premier. Et puis qu’en grandissant, les tétés ce refuses parfois. Parfois accompagné de larmes ou de colères. Que j’acceptais les conséquences de mon refus. Que je câlinais, consolé.

Si le petit m’a appris le respect de son corps, quand soit même on ne l’a pas connu. Plus ils grandissent plus l’allaitement est un de mes chemins pour leur dire « Eh ! Mon corps, mes choix, mes liberté ». Je suis libre de refuser, postposé.

J’ai à cœur d’observer que  ce à la demande, l’enfant grandissant, les choses changeants, mes 3 garçons ont appris avec la main accompagnante, le cœur ouvert que le corps de l’autre se respect autant que le siens.

Je vois mon presque 7 ans dore « non, c’est mon corps, tu ne peux pas m’embêter si je ne veux pas ». J’en suis fière. Et je vois mon dernier de bientôt 2 ans, frustré, mais jamais seul dans les colères que les refus peuvent induire en lui. Car tous, ici nous comprenons que ben « oui, il a envie de ceci, cela » mais que parfois c’est possible, parfois non.

L’allaitement m’a appris les respects des corps : ceux de mes enfant et le miens. Un effet secondaire que je n’avais pas vu venir. Le respect, ça se transmet.

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