Agisme et parentalité 

 

Il n’est pas rare sur le net lire la domination des parents sur leur enfants. D’entrer dans les considérations d’âgisme. Il y  a de nombreuse façon d’être dans sa parentalité. Et oui, l’âgisme peut-être une base de la relation de domination. Je ne vais pas vous vendre un idéal théorique faisable.  Mais vous parler d’équation complexe.

En allant sur YouTube vous pourrez voir  Yves Bonnardel. . Celui-ci nous propose une société où l’on arrête de dominer l’enfant. Son propos me choque. Non un enfant de 10 ans, même si il se sent capable n’est pas apte à conduire dans notre société. Si l’on suit Bonnardel qui reprend a sa sauce les courent féminisme très discutable car il en fait un discourt dominant… On tombe dans un gros souci. Allons au bout de sa thèse. Peu importe les lois qui protège les enfants du travail. Si l’enfant se sent apte, près … Qu’il y aille. Et là, j’ai envie de dire: c’est lois protège aussi les enfants des influences des dominations adultes. Dans trop d’endroit du monde l’enfance n’existe pas. L’enfant est abandonné, livré à lui -même, en responsabilité éventuel d’orphelin ou fratrie. Et il bosse pour manger.

Où est l’enfance quand l’enfant est conduit dans les forces de domination ? Un enfant de 10 ans se sent-il réellement apte à conduire ? Où est l’enfance!

 

Alors la parentalité et l’âgisme dans tout ça?! La parentalité a forcément une position âgiste occasionnellement, voir tout le temps en fonction de sa philosophie éducative. Pourtant, l’équation est complexe. La parentalité est avant tout une forme de coopération.

 

La toute petite enfance, le parent est très… bon, non… En général la mère ou le parent par défaut dans une relation soumis au rythme du bébé. Je ne vais pas vous parler des modèles parentaux loin de mes pratiques. Ça serait une digression théorique sur ce que je ne n’ai pas expérimente.  Donc bref, le début de leur vie d’humain on est vachement soumis à leurs impérieux besoins. Et je ne remets en rien cela en cause. C’est une période difficile. Puis l’enfant grandit, il apprend le vivre ensemble. Ce vivre ensemble se heurte à l’autre. L’autre qui a ses propres limites. Oui y a une relation de domination qui peut être vu. Mais, c’est surement plus complexe que ça. On apprend, transmet à l’autre, à cet enfant qu’on a décidé de porter au monde que ben tout le monde doit apprendre à gérer envie et pulsion pour vivre ensemble.

 

Puis en parents ont va poser des règles qui sont sociétal: tu mets ta ceinture. Peu importe ton envie d’empowerment petit loulou de 1,5 ans qui déteste la ceinture… tu la garde. Parce qu’imposer la ceinture par rapport à ne pas la mettre… la notion de bénéfice risque est une évidence. Et il est difficile de faire comprendre à un enfant de cet âge que ben oui… on a quand même raison. On est donc dans la ville domination : on lui impose. Et pourtant…

 

Et pourtant quoi? Je crois que la parentalité où la réflexion est là est une équation de coopération qui équilibre ses forces constamment. L’enfant a ses limites, et nous adultes qui avons choisi d’être leur Caregivers, on avance pour être bouclier d’un monde crado, où ils ne sont pas forcément bienvenu… un monde où nous devons mettre en place parfois des phrases comme « Il est 20h30, c’est l’heure du dodo » face à un « Mais j’ai pas sommeiiiiiiiiiiiiiiiiiiil » dit dans un bâillement d’épuisement. Mais pourtant le parent va agir en dominant et maintenir qu’il est l’heure. Parce que le réveil sonnera à5h50 pour le dit enfant. Car à 6h45, il devra être dans la rue habillé pour aller dans son bus de ramassage. Sauf que soit je l’impose dans le « bon j’en ai marre de dialoguer » (car oui, parfois j’en ai marre), soit j’explique. J’explique que ben le réveil sonne tôt, que dormir ça aide le cerveau. Que dormir ceci et cela.

 

La parentalité est un exercice où la domination existe. Je ne vous le cacherais pas. Elle existe dans la fatigue surtout. Elle existe dans l’épuisement. Elle existe dans ces moments où l’on échoue. Et quand on échoue, il est facile de nous enfoncer. Très FACILE.

 

Mais en réalité, c’est là que nous avons besoin de compassion, de coup de main, de relais, d’aide…

 

Oui parfois les parents merdent. Parce que les humains merdent. Ce n’est pas une excuse. C’est juste un fait. On déconne. Et puis l’important c’est qu’on cherche à réparer.  Et a mieux appréhender nos alerte « Attention tu es trop fatigué pour être bienveillante ».

 

Vous savez le manque de sommeil, ça flingue le cerveau. Et les parents: c’est un peu leur quotidien. Ce n’est pas une excuse. C’est comme quand je dis « il est l’heure de dormir » à mon enfant. Je lui rappelle « pourquoi ».

 

Mais il est facile de pointer que les parents est un vil âgiste. Ça ne remet rien en cause. Pourtant… Il y a peut-être beaucoup à remettre en cause: Une société où les enfants ont pas leur place, où l’intergénérationnel est plus une exception qu’une réalité. Une société où l’enfant doit pas aller au resto, parce qu’il y a tous les adultes qui ont pas d’enfant et pas envie de les subir…Ben oui mais alors ne nous accuser pas d’âgisme quand vous ne voulez pas d’eux et que du coup,… on est le tampon entre la famille et le dehors.

 

Les parents sont parfois âgiste, non par volonté, mais parce que c’est compliqué.

 

Alors je continuerais à dominer mes enfants: non à 10 ans, ils n’iront pas travailler. Non, à 10 ans, il n’ira pas conduire une voiture. Non. Voilà. Tampis si je suis méchante.

 

Je continuerais à voir mon rôle comme une alliance dynamique entre mes enfants, leur besoin, le monde, le dedans, le dehors, nos état de fatigue et de forme. Et a me dépatouille.

 

Mais si vous voulez aider les parents… le monde: faite une société enfant admis. Parce que vous plaindre qu’on les domine et chouinner de leur présence « car on ne sait pas les tenir »… qui est âgiste dans ces cas-là ? Je vous mets au défi de tenir 10 jours avec mes enfants. Moi, je tiens. Mais vous ? Pas sûre.  Mais vous verrez que c’est hyper complexe comme équation.

 

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Entre intentions et réalité.

Entre intentions et réalité.

GAL_0442En tant que parent il y a nos intentions et la réalité de nos actes. Mon intention trouve sa source dans la bienveillance, bientraitance, respect, authenticité. Mes intentions sont bonnes. Et a priori la plupart des parents ont de bonnes intentions. La finalité est bien autre chose.

Nous mettons dans les mots positif qui illustre ma parentalité chacun un ensemble de définition bien personnel résultant de notre vision du monde. Si pour vous respect rime avec politesse pour d’autre il rime avec l’aspect de consentement, voir les deux. Bref, nous avons chacun notre petite cuisine interne de nos échelles de valeurs parentale.

JGAL_0158-2e vous l’ai dit : Mes intentions sont bonnes. Je reste une personne, humaine avec toute mon histoire, toutes mes blessures, mes émotions et forcement je ne suis pas le parent super héros que je rêve d’être. Je suis parfois, souvent, fatiguée. Parfois des gens me font mal, parfois des gens me font du bien. Parfois j’en ai marre. Parfois les sons me font affreusement mal aux oreilles*, parfois je suis juste imparfaite. J’ai 4 enfants. Forcement qu’il y a des hauts et des bas. Et cela autant pour eux que pour moi. Iels se couchent heureux le soir. C’est important. Iels se couche en entant que nous les aimons, qu’ils ont chacun des qualités individuel que nous leur rappelons.

Forcément, je doute de moi. Quand on appuie sur cela, on essaie parfois, c’est parce que j’ai mon histoire. Et dans mon histoire le soir, on ne me disait pas « Je t’aime, tu es quelqu’un de bien, de bienveillant, de serviable, de gentil, tu comptes pour des gens, et plein de gens t’aimeGAL_1241 ». Non. Simplement parce que je n’ai pas eu le sentiment que pour mes parents qui était eux maltraitant tant dans leur intention que dans leur actes. Alors je me suis construite sans variable de départ. J’ai vu un thérapeute, poser mes racines. Et le soir je me pose pour voir si mes intentions et ma réalité sont concordante. J’aimerais vous dire que c’est toujours une réussite. Mais ce n’est pas le cas. Non. Je vous l’ai dit : Je suis humaine. Mais, chez nous il la vie fait que nous sommes deux parents. Alors a deux nous essayons d’ajuster au mieux notre parentalité. Et nos enfants éprouvent nos limites et nos capacités. Cela peut jouer en défaveur de notre équation. Au lieu de juste « nous en vouloir », on essaie de faire mieux chaque jour. C’est notre chemin.

GAL_9816A la fois nos enfants apprennent la vie, je ne perds pas de vue que nous aussi. Nous apprenons tous chaque jour, jours après jours. Il est facile de pointé qu’un jour j’ai été fatigué, ou encore juste dépassé par moi-même. Je ne me juge « Pas assez bonne » en tant qu’humaine. Je suis exigeante avec moi. Et je m’en fou que ça déplaise. Et j’attends des choses pour mes enfants, autant que j’en attends d’eux parce qu’en vrai tous les gens ont des attentes dans les relations et peu de gens osent l’assumer.

Aujourd’hui, c’était une belle journée. J’ai eu l’avis d’une partie de l’équipe éducative de mon ainé. Ce que je vois de merveilleux en lui est aussi capté à l’école. On m’a dit à quel point c’est un humain de qualité avec de l’estime de lui. J’ai un sentiment heureux et émue. Parce que… je n’ai pas trop déconné. J’ai pu échanger 5 min avec la gardienne des deux plus jeunes qui sont en maternel. Elle m’a touché. Parce qu’ils sont dans leur sensibilité. Chaque jour, j’espère qu’ils suivront la bienveillance… J’ai aussi parlé avec E. Je l’ai évoqué dans un article sur avoir un enfant Haut Potentiel. Il est capable de me dire « Quand tu es fâché tu m’aime quand même ». GAL_9822Depuis quelques jours, il est dans une empathie éveillé et me dis « combien » il m’aime, « combien » il aime sa fratrie. Et pour lui ce n’est pas égale. Chaque fois il utilise une image différente. Je lui ai dit que je l’aimais jusqu’à l’infini aller-retour plus d’un million de fois. Il m’a répondu avec un « Je t’aime ». Il est fort ressemblant à son papa. Il le dit rarement. Il m’a aussi dit récemment que j’étais la meilleure maman pour lui. Il a de la finesse. Je m’égare juste pour dire que même si parfois nos actes ne sont pas à la hauteur de nos exigences, gardons-le cap, et n’oublions le dialogue autant avec nos enfants que ceux qui passent du temps avec eux.

Rien n’est figé.

 

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* J’ai une ouïe très, trop sensible. Le bruit m’épuise autant qu’il peut me faire physiquement mal.

Le devoir d’aimer ses enfants ? Quelles autres possibilités ?

image« Ton enfant, tu aimeras » : emballer c’est peser… ou pas. Ayant était mal aimée par mon père et pas aimée par ma mère. J’ai décidé que moi, mes enfants je les aimerais inconditionnellement. Et c’est le cas, parce que la relation a pu se tisser ainsi. J’ai aussi décidé que la condition pour être un bon parent c’est donc aimer ainsi son enfant, sans aucune condition. Puis j’ai laissé cette idée dans un coin de ma tête. J’aime mes enfants pourquoi m’en soucier. Mon idéal étant atteint.

imageSauf que je suis en quête de sens, doula. Cette notion est revenue vers moi lors d’un suivit. Je n’avais pas remarqué en moi que ma pensée était très différente.

On ne ressent pas la même chose pour ces enfants. Non. Chaque histoire est unique. On peut être attaché à lui, ressentir le lien. Mais cela n’implique pas forcément d’aimer. On ressent les responsabilités. L’amour peut être présent sans pour autant avoir un attachement. La société nous oblige à aimer notre enfant. On ne peut pas le dire qu’on n’a pas ce sentiment coloré socialeent de magique. Je me suis longtemps poser la question en thérapie : est-ce que j’aime  ou suis-je attacher à mon compagnon ? J’ai une genèse de la notion d’amour tellement complexe, car au-delà de mon père et ma mère… il y a eu deux pilier dans mon enfance : mon grand-père et mon arrière-grand-mère. Ces deux êtres m’ont aimé inconditionnellement. imageCela m’a permis de voir que ça existe. Leur absence reste une souffrance, une plaie qui ne peut refermer. Mais je l’ai compris à leur disparition et non … de leur vivant. Alors comment savoir si j’aime mon compagnon… mes enfants ? Je me le demandais profondément avant d’avoir mon ainé. Je vais l’aimer ? Je l’avais décidé, mais j’étais consciente que c’était plus compliqué. Toute fois, je ne voulais pas affronter cette éventualité.

imageAujourd’hui, chemin faisant, loin des injonctions de la société et de nos cultures familiale, sociale, voir religieuse, ma pensée c’est affiné. On n’aime pas forcement. On peut aimer ses enfants. On peut être juste attaché à eux. Cela ne conditionne pas notre bienveillance. On peut être dans une bienveillance complète sans pour autant avoir ce sentiment bien complexe qu’est l’amour. L’attachement est une chose merveilleuse qui existe. C’est loin d’être facile de prendre soin d’un enfant et si aimer ne suffit pas, s’attacher a lui non plus. N’oublions pas que cette même équation existe pour votre enfant, vis-à-vis de vous, de son entourage, de son éventuel fratrie. J’ai dit à mes enfants qu’ils n’étaient pas obliger de s’aimer entre eux. J’attends d’eux le respect mutuel. Et déjà c’est un défi de taille. 🙂

Par ailleurs, je parle ici attachement et amour … mais il existe des as d’autre possibilités d’engagement vis à vis de l’enfant.

ps: au delà de mon amour pour eux… je suis attaché-e à eux

Parentalité Proximale ? oui. Parentalité Distale aussi. Bref Parent.

Edit: cet article traitre de l’étiquette qu’un parent utilise pour définir sa parentalité. Je parlerais plus en longeur des parents maltraitant et de nos dysfonctionnements qui peuvent faire mal à nos enfants.

imageIl y a souvent une volonté de mettre une étiquette à sa parentalité, à la définir. Certes toute choses qui existe à un nom. Sauf que ces étiquettes ne parle pas de la réalité complexe et parfois du sens même des mots. Dans parentalité positive, bienveillante, authentique, respectueuse, il existe une opposition implicite très connoté négative, malveillante, fausse, irrespectueuse. Hors ces étiquettes que nous voyons comme positive, pouce en haut comme dirais mon deuxième enfants sont très défini. Hors donc tout parents à ma connaissance cherche une bienveillance, une éducation qui sera positive pour faire germer des valeurs, et le respect aussi. Simplement parce que nous mettons dans ces concepts différentes définitions. Certains verrons dans une punition privative un acte bienveillant qui permet de montrer que dans la vie tout n’est pas acquis, d’autre trouverons au contraire que c’est violent. Et je ne peux être juge de qui à raison ou tord. Simplement parce que c’est une question de philosophie de vie. Mais je suis certaines que chacun s’envisage comme au plus juste de ses choix.

imageIl y a un terme qui me parle, sûrement parce que j’aime lire le sens des mots : proximal. Il y a une notion qui parle de notre capacité au contact. L’oppose n’en reste pas moins positif. Parce que j’aime ce que j’y lis. l’adjectif proximal parle de ce qui est au plus proche du centre du corps, au coeur et connecté , en lien. C’est important car distal n’enlève pas le lien au corps, ai coeur , la connexion. Dans une perspective parental, nous oscillons entre distal et proximal. Et nos enfants aussi. Parfois nous pouvons, parfois je peux supporter que les enfants soit coller à moi, physiquement, émotionnellement… même souvent. Et je peux saturer. J’ai besoin de distance physique ou émotionnel. Parce que je suis humaine, parce que je ressent des choses, parce que la peau reste un organe qui me met en lien avec l’extérieur et que j’en suis extrêmement consciente. Et peux importe pourquoi, cela appartient à chaque histoire. mais que je sois dans une capacité proximale ou distal, je suis toujours relié à ma parentalité, mon amour pour mes enfants.

imageL’avantage de ces deux termes c’est qu’il laisse libre de qualifie le lien en fonction de l’instant. Suis-je en lien avec ma responsabilité de parents, mon affection, mon amour pour, mes devoirs parentaux? Cela apparentient à chacun et aux temps de la vie, à nos capacités et nos douleurs.

Je suis corporellement souvent ouverte à mes enfants, à leur besoin de toucher, de respective dans le contact. Parce que pour moi, c’est plus pratique, j’utilise des portes-bébé. D’autre seront plus à l’aise avec leur bras.

imagePuis j’y met d’autre choses : le holding, le handling, l’attachement, et mes perspective du lien, de la relience à mes enfants et là. Je suis parfois dans une parentalité proximale, parfois dans une parentalité distale parce que je suis en lien variable, circonstanciel et sans culpabilité extérieurs … juste avec mes écueils t mon auto jugement vis à vis de moi et cette exigence sans fin. 😉

L’allaitement et le respect des corps

En guise d’introduction sur l’allaitement, je vous dirais juste que cet article ne fustige pas le biberon. « Mon corps, mes choix, mes libertés » est une véritable devise. Donc en résumé : que ce soit le sein, le biberon, c’est votre histoire et en rien une remise en cause. C’est juste un point de vue sur ce que l’allaitement et son lien aux respects des corps ont fait émerger en moi. Et en quoi cela m’a fait réfléchir. J’ai donc 3 allaitements très différents à mon compteur. C’est une évidence que chaque enfant est différents et par extension, dans le sujet du jour : leur rapport avec leur besoin affectif, alimentaire.

L’allaitement m’a appris le respect des corps. J’en avais l’idée en théorie, mais quand il s’agit d’un petit d’homme, on passe de nos notions théorique à une pratique qui se réinvente chaque jour. J’ai appris qu’un tout petit, un nouveau-né, c’est son corps qui passe avant tout. Il est dans une dépense de gestes et d’intervention des tiers non négligeable. Et puis il grandit. C’est cool. Ses besoins, ses dépendances, tout un tas de chose changent. J’avoue, c’est enfoncer des portes ouvertes, et pourtant.

Pour qu’un allaitement fonctionne (à cette époque j’étais dans la performance de la bonne maman), on recommande un allaitement à la demande du bébé. Alors, j’ai observé ses demandes. Pas de bol, le modèle fournis faisait rarement les tirages de langue significatif et quand je lui proposais, moins mère à l’affut, il refusait le sein. Un truc clochait. J’ai donc proposé à mon bébé de téter, souvent. J’ai appris 6 ans plus tard, un diagnostic dans les mains, que ce n’étais pas étonnant. Les enfants ayant une dysphasie peuvent avoir des difficultés avec des mouvements s’il ne les acquiert pas de façon innée.

Attention, j’ai allaité longtemps dans le regard de bien des gens. Je l’ai conduit au sevrage au début de la 3° grossesse. Je ne me voyais pas allaiter 3 enfants en même temps.

Mon 2° enfant est venu peu après les 2 ans de mon 1er. J’ai appris avec lui qu’un enfant peut avoir mal, si mal que l’allaitement est un antidouleur efficace en accompangement d’un traitement médicale supplémentaire.  Et une hyper lactation un enfer. En gros je produis assez de lait pour plus d’enfant que ceux que j’ai devant moi. Il m’a appris aussi que  la tétine ca peux sauver la vie quand on a besoin de téter sans lait et que chez môman c’est pas possible.Il m’a appris la fatigue et a tirer sur la corde. Il s’est sevré brutalement, sans que je le souhaite quand notre 3ièmes est venu au monde. Sans prévenir. Alors que l’ainées, je me suis souvenu commencer a diminuer les « ok », à un moment, je ne sais quand c’était fini. Moi qui me voyait encore une fois co-allaité, j’ai connu cette célèbre phrase de Lenon : « Life is what happens while you are busy making other plans »

Mon 3ième, lui aussi est très différents dans sa façon d’aborder le sein.

Mes enfants m’ont aussi appris le passage de l’allaitement à la demande à l’allaitement à ma disponibilité. Ben oui, ils ont grandi. Je ne souhaitais plus une disponibilité sans fin. Et puis parfois moi, j’étais dispos, et pas eux.

Les nouveau-nés m’ont appris que parfois le respect, c’est le tout petit en premier. Et puis qu’en grandissant, les tétés ce refuses parfois. Parfois accompagné de larmes ou de colères. Que j’acceptais les conséquences de mon refus. Que je câlinais, consolé.

Si le petit m’a appris le respect de son corps, quand soit même on ne l’a pas connu. Plus ils grandissent plus l’allaitement est un de mes chemins pour leur dire « Eh ! Mon corps, mes choix, mes liberté ». Je suis libre de refuser, postposé.

J’ai à cœur d’observer que  ce à la demande, l’enfant grandissant, les choses changeants, mes 3 garçons ont appris avec la main accompagnante, le cœur ouvert que le corps de l’autre se respect autant que le siens.

Je vois mon presque 7 ans dore « non, c’est mon corps, tu ne peux pas m’embêter si je ne veux pas ». J’en suis fière. Et je vois mon dernier de bientôt 2 ans, frustré, mais jamais seul dans les colères que les refus peuvent induire en lui. Car tous, ici nous comprenons que ben « oui, il a envie de ceci, cela » mais que parfois c’est possible, parfois non.

L’allaitement m’a appris les respects des corps : ceux de mes enfant et le miens. Un effet secondaire que je n’avais pas vu venir. Le respect, ça se transmet.

Le « Non », le trouble fait de la parentalité

La parentalité est faite de dogmes. Et dogmes divergent d’ailleurs. Parmi ceux-ci il y en a un qui est mis en avant actuellement. Celui du « non », source de toutes les frustrations, et sachez qu’il est incompris par notre cerveau(1).

En matière d’éducation, il y a ce que je nomme « la culture du non ». On le trouve d’ailleurs référence en matière de gestion d’entreprise dans un article parlant de différence culturel :

De prime abord, je dirais que la culture du non est facilement acceptable dans les pays anglo-saxons. Les individus en ont l’habitude parce qu’ils ont appris, de par leur éducation, à dire ce qu’ils pensent. Donc, dire non c’est savoir ce que l’on veut. En revanche, dans les pays méditerranéens, la culture du non est moins apparente. Au Maroc, par exemple, Il y a toujours cette notion d’«inchallah», de «je vais le faire»… qui cache au fond un refus non exprimé ouvertement. Il n’existe pas non plus d’explication à ce refus parce qu’il y a la peur d’être mal compris ou mal jugé, d’arriver à un conflit ouvert. (Allene, 2005)

Il y a beaucoup de chose dérangeante dans cet extrait. La partie sur le « non » qui entre dans l’éducation à du sens. Et, je n’adhère pas au propos suivant qui dit que le non, c’est savoir ce qu’on veut. Car soyons honnête, les enfants usant et abusant de non à certaines période de leur vie nous apprennent que c’est aussi un terme reflexe.

Le non et les négations sont les vilains petits canards de l’éducation.  Reprenons les propos d’Isabelle Filliozat

Isabelle Filliozat : Notre culture est si imprégnée de ces croyances et de ces habitudes de réaction qu’il me parait illusoire de se débarrasser de ces idées une bonne fois pour toutes. Nous avons à être vigilants sur cette tendance à interpréter les comportements des enfants comme dirigés contre nous. Mais au fur et à mesure que les informations scientifiques sur le fonctionnement du cerveau de l’enfant seront diffusées, je pense que cela changera radicalement notre perspective. Nos interprétations nous permettent de donner du sens à des réactions que nous ne comprenons pas. Or, Les neurosciences explorent le cerveau de l’enfant comme jamais avant. Nous n’en sommes plus réduits à devoir interpréter, nous pouvons décoder.

NON ! Les interdits, frustrations et limites que nous donnons à l’enfant ne lui donnent pas un sentiment sécurité. Et ne lui donnent pas non plus les « bonnes » bases de la socialisation. Passons sur cette connotation morale « bonnes » bases, ceci est le dada de la psychanalyse (française) avec sa théorie des pulsions qui a fait tant de mal à l’éducation des enfants.

Ce qui donne le sentiment de sécurité aux enfants, c’est l’attachement, l’attention du parent à ses besoins, le respect, etc… c’est aussi la liberté, les permissions et les consignes qui aident à savoir comment faire ceci ou cela en toute sécurité. Les seules limites qui donnent de la sécurité sont celles de l’enfant. Il se sent en sécurité si nous lui enseignons qu’il a des limites et qu’il a le droit de les faire respecter par ses frères et sœurs, par les gens, et même par nous. » Ton corps est à toi, et si ce qu’on te fait te fait non à l’intérieur, tu as le droit de dire Stop. », « Ce stylo est à toi et si tu ne veux pas que ta petite sœur joue avec, tu as le droit de le mettre sur cette étagère en hauteur ».

Un interdit est toujours dangereux parce que le cerveau de l’enfant est un cerveau humain, c’est à dire avec un lobe frontal qui veut diriger ses propres comportements (donc risque de mobiliser de la rébellion). De plus, il est formulé en négatif le plus souvent et donne donc une mauvaise direction au cerveau de l’enfant.

Qu’est ce qui donne le plus de sécurité : “Il est interdit de courir sur la chaussée. Tu dois me donner la main en traversant.” Ou “Tu peux marcher et courir sur le trottoir, sur la chaussée, tu marches en me tenant la main.” ?

Il suffit de sentir le léger stress que nous éprouvons tous, les humains, lorsqu’on nous donne un ordre ou un interdit pour vérifier que cela ne nous met pas du tout en sécurité.

Rythme cardiaque accéléré = peur

Rythme cardiaque ralenti = sentiment de sécurité

A noter aussi : la liberté donne davantage de sécurité que les limites. Est-ce que je me sens plus en sécurité si je dois lever le doigt pour demander la permission d’aller faire pipi ? Ou si je sais que j’ai la liberté d’aller faire pipi quand j’en ai besoin parce que c’est un besoin naturel, et que la consigne est que je préviens la classe et j’emmène avoir moi un copain ?

La sécurité, le plaisir, sont des conséquences de la satisfaction des besoins d’attachement et de liberté. Plaisir, sont des conséquences de la satisfaction des besoins d’attachement et de liberté. (Filliozat, 2013)

Il y a dans ce texte des choses qui ont du sens. C’est d’ailleurs pour cela qu’une théorie séduit les gens. C’est parce que dedans. J’avoue déjà avoir du mal avec les arguments comme quoi la science doit être notre référence pour les outils de l’éducation, quand on parle en même temps d’émotion. Je trouve  cela au mieux dérangeant. La science, les études apporte certes du mieux, mais ce n’est pas une raison pour la mettre en parangon éducatif. Bien au contraire. La science à ses limites. Et c’est une bonne chose.  Je ne vais pas « tout » commenter de cette citation. J’ai des tas de choses à dire. Je vais me concentrer sur le sujet du jour  le oui et le non.

Dans l’article sur la culture du viol, j’ai évoqué que le « non » est souvent réinterpréter. Avec l’idée que le non n’entend pas le cerveau on a une belle excuse. Mais surtout, ici, on nous invite à ne pas exposer l’enfant au non. L’enfant sera un jour un adulte responsable de ses actes devant la loi. Si on ne lui donne pas le sens du « non », du « oui ». Que lui donne-t-on ?

Le non sans le oui, n’a pas de sens, autant que  le oui sans le non n’a pas de sens. Madame Filliozat propose en cas de transgression des interdits familiaux de positiver le bazar. L’enfant vidant la nourriture du chat par terre… Il faut rentre ca positif pour lui apprendre à ne plus faire une transgression « Comment on va pouvoir aider le chat à manger du coup ? ». Au final, elle nous propose la  « la culture du oui »

Là encore, il y a du bon. Mais ce n’est pas parce que dans le mouvement Matricien y a du bon, que le truc est propre 😉

Les interdits font partie de la vie de l’enfant, de l’adulte, de l’humain. De « Tu ne tueras point » à « la ceinture est obligatoire en voiture », le monde est fait de chose que l’on peut faire ou pas. La loi souvent nous dit que si nous faisons un acte non autorisé, nous serons punis. Par conséquence le reste est autorisé.

Je suis bien d’accord que l’attachement sécurise l’enfant. Mais le non, ne l’insécurise pas parce que le non est aussi une ligne de sécurité des relation humaine. La vie à un cadre. Nous dire que le cerveau ne le comprend pas et considéré l’enfant comme trop inapte à apprendre … C’est surtout ne pas préparer au vivre ensemble.

J’ai choisi une autre option parentale, l’authenticité. Je dis « non », je dis « oui ». Mes enfants quand ne savent pas si leur projet d’activité est « ok » (soit  à  ce moment-là, soit en générale) me demande.  L’absence de consentement ne veut pas dire « oui ».

Je trouve donc le point de vue de Madame Filliozat à dire aux enfants ce qu’il peut faire, que son corps est à lui, etc… Super. Elle n’est pas innovante. Elle est juste plus médiatisée.

Il y a juste ce petit arriéré gout. On Interdit de non,  on doit poser les limites « autrement ». On ne prépare pas l’humain à vivre avec ce « non ». Et cela n’est pas pour une histoire de culture sociale, loin de là. Mais pour vivre ensemble.

Et si on apprenait à nos enfants à vivre ensemble ?  Qu’on ne fasse pas un tabou des mots. Qu’on guide nos enfants. Que le « non » soit compris , car quand nos enfant seront grand il sera important dans leur vie active que si le partenaire dit « non », il ne soit pas négocier dans le sexe. Il ne soit pas remis en cause, mis au banc.

Le non, le oui, pour vivre ensemble et si on ne sait pas, on demande. N’est-ce pas plus juste ? Arrêtons de justifier cela parce que « le cerveau n’entend pas ». Il est merveilleux notre cerveau. Il apprend ! Il doit apprendre ce non, pas parce que ça va le frustrer, mais parce qu’il vit avec des autres humain.

Interdire le non, en faire un tabou, n’est-ce pas les prémices de la culture du viol et de toute les transgressions du vivre ensemble d’ailleurs? La culture du viol s’insinue dès l’enfance. Et justement la bienveillance(*), c’est aussi préparer nos enfants à vivre ensemble, à être des adultes qui écoutent l’autre, et accepte ce qu’il dit, ses limites. Car « oui, mon corps m’appartient » … Mais je ne lis pas « le corps de l’autre n’est pas a ma disposition » . Ce genre de chose s’applique aussi aux bagarres… 😉

Alors « non je ne veux pas que tu tète là mon chérie ». J’ose le dire. J’ai des garçons. Je  veux qu’il entende le non, qu’il l’apprenne, qu’ils le disent, qu’ils le reçoivent. Qu’ils apprennent que « non, c’est non », point.

Et puis a force de réfléchir à tout ce qu’on dit, comment on le dit, on ne communique plus avec nos enfants : « “Il est interdit de courir sur la chaussée. Tu dois me donner la main en traversant.” Ou “Tu peux marcher et courir sur le trottoir, sur la chaussée, tu marches en me tenant la main.” ? » (Filliozat, 2013), Avouez, la 2ième est surement séduisantes. Mais penser à tout ce qu’on dit, devenir le bon petit manuel vivant des bonnes phrases, bonjour l’image et la pression sur le parent.

Comme dans tout, je vous l’ai dit, chez moi ou ailleurs, y a du bon à prendre mais pas en parole d’évangile. A vos réflexions. En voici déjà une des mienne en matière de parentalité.

 

Références de cet article