Docteur Cymes, le sexisme.

Cher Docteur,

Des soignants pas très à l’écoute, j’en ai connu. Je dirais même qu’ils représentent la majorité de mon expérience en tant que patiente. Il y a de quoi écrire un ouvrage sur le sujet. Je pense plusieurs tomes. Heureusement, j’ai aussi rencontré des professionnelles de santé passionnée, engagée. Vous noterez aisément que cela se décline au féminin. Car c’est la réalité de mon vécu.

Vous êtes pour moi avant tout une figure médiatique médicale avec toutes les dérives que nous avons déjà vues et revues. Je rappelle les propos polémiques de psychiatre sur le vécu de petites filles, ou encore les prescripteur de régimes à risque réel pour la santé. Et si beaucoup s’en étonne, le constat est le suivant :

  • Aldo Naouri, pédiatre de son état, explique qu’il faut bien ce forcé pour le sexe. Car le viol conjugal visiblement lui semblait anecdotique
  • Marcel Rufo posera le diagnostic sur un présumé victimes de viol qu’elle fantasme. Sans connaitre les tenants et aboutissant de l’histoire sur base de 2 phrases.
  • Ou encore les prescripteur de régime récemment sanctionné par l’ordre des médecins dont la cible est la femme soumise à la pression d’apparence qui commence dès l’enfance et du poids.
  • Et vous… mais je m’étalerais plus sur cet axe un brin plus loin.

L’assistant de votre éditrice a exprimé à BuzzFeed que c’était un choix volontaire pour éviter que les petites filles s’ouvrent le ventre pour vérifier. Si on part de ce principe, la vessie n’a pas sa place sur l’illustration. Notons que c’est un peu prendre les enfants pour des idiots. Votre éditrice affirme qu’en féministe elle n’aurait jamais autorisé la présence d’une vulve ou un vagin. Donc était-ce une décision délibéré ? comme nous le dit son assistant ou une non discussion comme nous l’affirme sa supérieur ? La question mérite de se poser.

Vous savez, il me serait facile de citer le serment d’Hippocrate pour vous renvoyez à vos obligations. Vous êtes un soignant 7 jours sur 7, 24h sur 24. Comme beaucoup de corps de métier vous avez des obligations et un cadre d’exercice. Les infirmières, les sages-femmes, les policiers, les fonctionnaires (oui, oui, mon papa l’était, il avait lu son contrat et ses obligations qui vont au-delà de ses heures de bureau) ou encore avocat. Votre engagement comme soignant n’est pas soumis à un horaire. Vous l’êtes. C’est votre choix et pas le mien. J’ai choisi de ne pas avoir ce type d’engagement. Cela me donne une certaine liberté.

J’ai regardé longtemps votre émission. J’avais dès l’adolescence besoin de comprendre le corps et de comblé les lacunes dans mon savoir. Mais je me suis lassé de vos moqueries se cachant sous l’humour pour rire des questions de sexualités. C’était donc drôle de ne pas savoir le fonctionnement de cette partie de son corps ? Je ne trouvais pas. Car tout était traité avec sérieux sauf les questions de sexualité. Donc à qui pouvons-nous poser la question ? Nos manuels de SVT étant léger, nos amies aussi sous-informées que nous, les médecins nous ridiculisant à l’antenne. Nous avons intégré que notre méconnaissance était coupable, stupide et qu’en plus les ressources sont d’un abord difficile. Ben oui, si c’est stupide de ne pas savoir, acheter un livre qui l’explique doit être aussi ridicule.

Mais moi, j’ai lu le sexe pour les nul. Et je l’ai prêté souvent. Le féminisme qui semble vous dérangé et celui qui met en avant que l’empowerment est une base de la santé. Mais vous n’êtes pas du tout déranger par des soignants, en l’occurrence infirmier, qui point que ou-lala, ces patients qui savent sont quand même ceux qu’on craint.

J’avoue que là je n’ai pas pu m’empêcher de penser à IAM « petit frère » : le savoir est une arme, maintenant tu sais. A croire que cela n’a pas changé. Mais j’ai préféré rappeler la loi Kouchner.

Ah oui, je vous invité à un échange de fond sur le sujet à Bruxelles. Je suis un français expatrié dans le plat pays. J’ai donc une vue sur 2 système de santé très similaire et différent. Je vous parle du contexte français. Et ma connaissance en est surtout pratique. Fille d’une infirmière passionnée  par son métier et d’un père diabétique insulino-dépendant archiviste médical un temps. J’ai passé mon enfance à ne voir que ma mère sur son lieu de travail, ou mon père patient des services de santé publique. J’aime les petites digressions. Vous ne m’en voulez pas. Quoi que vous ne lirez pas.

Donc, vous nous traiter de malade. J’ai beaucoup de mal avec le diagnostic virtuel. Et bien que notre tribune soit longues, argumenté. Et nos propos illustré vous affirmé que la critique est l’insulte. Par contre nous poser un diagnostic semble être acceptable. La réalité c’est que ce n’est pas acceptable. Vous revendiquer votre statut de médecin pour votre ouvrage. Donc vous vous engagé sur votre professionnalisme. C’est important pour la suite. Gardons ce point à l’esprit.

Si je suis face à un discourt d’un professionnel de la santé qui est erroné, il est légitime d’en parler. Parce que les conséquences d’une mauvaise information son importante.

Alors le fond. Vous avez un traitement différencié des petites filles et des petits garçons. Et c’est le fond de notre argumentaire. Si vous aviez simplifié le petit d’homme à une vessie et un basta. C’était fini. On n’aurait même pas remarqué. Mais oui notre œil féministe est rompu à l’exercice a mis quelques seconde à voir les problèmes et leurs implications. Nous sommes ici des parents engagés dans la question féministe et son lien à la parentalité. Nous avons plusieurs années d’expertise et d’échange sur ses questions. Nous repérons la balle bleue qui coute 15 centimes de moins que la rose. Car bien avant de concerner les rasoirs cela touche déjà les jouets. C’est pour cela que des enseignes vendant des jouets mettent des petits garçons en cuisine. Ou encore que Lego pointe que tous ont les compétences créatives depuis quelques décennies pour les briques. Si nous nous réjouissons du traitement des salaires féminin, l’intégration des transgenres ou de l’homophobie dans Grey’s Anatomy ce n’est pas que nous avons gagné. Mais que la question est devenue plus qu’un accessoire de mode politique. Les implications commencent à émerger. Car le féminisme concerne majoritairement aujourd’hui dans ses courants les questions d’oppressions sur base du sexe, du genre, de la race ou de l’apparence physique. Si l’abécédaire  des égalités souhaitées à l’école était très intéressant. Car il pointé les traitements inégaux selon le sexe dès le plus jeune âge. Donc votre livre est clairement dans le sujet.

L’iconographie marque le cerveau des plus jeunes. L’intégration précoce de « ton corps t’appartient » dès la maternel n’est pas sans raison. Il m’est incompréhensible que le corps féminin mérite moins de traitement. Le clitoris en 3D dont la scientifique, encore une femme, est passé dans nombreuse émission et surement la vôtre exprimais les implications des méconnaissances. Libération pointe que la réalité est que majoritairement les adolescentes ignore la terminologie. Le sexe féminin est d’ailleurs sujet d’intérêt scientifique récent.

Mais sachez-le, les soucis gynécologique touche la petite fille. Déjà, une petite fille tout juste né à des pertes importantes. Et c’est normal. Mais quand on ne sait pas, c’est effrayant. Hors, les ouvrages n’en parle pas. Si il est de plus en plus acquis de simplement dire à un garçon qui se masturbe qu’on ne le fait pas dans l’intimité, la petite fille par la non représentation le prendra pour un interdit  pur et simple et honteux. . Bien non. Elle a le même droit à sa sexualité infantile qu’un garçon. Et donc au même cadre. Si discrète soit l’érection du sexe féminin, elle existe. Mais en rendant ce sexe complexe, vous ne permettez pas de le rendre accessible. En le laissant drapé sous un voile de mystère ont en fait le sujet de moqueries sur France 5 quelques années plus tard. Les petites filles arrivent aux urgences car elles ont insérer quelque chose dans leur vagin. Ce n’est pas un cas anecdotique. Ça arrive. Si la petite fille n’apprend son anatomie, comment peut-elle identifier où elle a mal. Car le vagin peu bruler, l’urètre gratouillé. L’hydrations suffisante chez les petites filles a de réel conséquences comme son manque. Je vous assure que les infections urinaires chez les 3 ans et moins peu impacter la prise de poids qu’ils soient filles ou garçon. Saut que la longueur de la tuyauterie interne offre un terrain favorable au sexe féminin. C’est injuste. Le sens pour s’essuyer compte pour de vrai. Il s’avère que si nous étions dans la proportionnalité, il faudrait en écrire plus sur le sexe féminin que masculin.

Vous avez évoqué la descente des testicules, les spermatozoïdes. Tout ça quoi. C’est important. Et mes enfants le savent. Mais la fille entame dès sa conception le long travail vers ses cycles féminin.

Quels sont les impacts à long terme d’une connaissance précoce de son corps ? Ils sont embêtants.

  • Pouvoir nommer où l’on a mal pour une meilleur prise en charge dans les soins
  • Casser les codes primaires de la culture du viol qui fait que le corps féminin entre autre est sous-traité dans son intérêt. Et pointé que les orifices féminin se respect en ne laissant personne y mettre quoi que ce soit chez les plus jeunes hors traitement médical.
  • Prévention de la violence obstétrical vous savez le #paietonutérus
  • L’empowerment en général
  • Que les fonctions naturel du corps ne soit plus sujet de moquerie mais normalisé

Vos folowers sont choqués qu’on parle de la culture du viol. Sachez donc que oui, c’est important de savoir qu’on n’a rien à vous mettre dans le vagin. Et que Vulve, Vagin, Pénis, Erections, sécrétion, exploration ne sont pas des mots sale qui serait absent du vocabulaire enfantin. En fait s’ils étaient là pour ce qu’ils sont : des points de l’anatomie… Il ne serait plus gênant de le dire.

Alors mon expérience dans le bénévolat depuis 10 ans, précédé de groupe de soutiens entre femmes… il m’a été régulièrement nécessaire d’expliquer la réalité anatomique. Je vous dirais que j’ai expliqué à une ado ce que fait la pilule. Ou à une femme de 45 ans avec un diplôme supérieur qu’on n’urine pas par le vagin. Je ne trouve pas ça amusant. Je trouve cela nécessaire. C’est à mon sens dramatique qu’elle soit ignorante de cela. Et qu’au final elle soit restée sur sa croyance car on n’en parle pas. J’ai appris à mes copines au lycée les détails de notre anatomie. J’ai dû attendre ma deuxième grossesse pour expérimenter les contractions. Et découvrir qu’en réalités je savais ce que c’était. J’en avais une fois par mois. Ça m’aurait vachement aidé qu’on le dit avant car j’ai passé du temps à me demander « comment je vais les reconnaitre ? » pourtant j’en sais des choses sur le sujet. Je n’ai aucune honte de mes méconnaissances. Car j’ai cherché l’information et je ne l’ai pas forcement trouvé.

La parole sur l’intime doit être libre. Je suis toujours dépité qu’on se doive à faire silence qu’on a ses règles. Car ça ne se dit pas. Tabou. Point. J’ai choisi que mes enfants sache. J’ai 3 garçons et une fille. Je passe du temps a recadre que les filles ne sont pas moins fragile  que les garçons. Je passe du temps à échangé sur les clichés. Et je vous assure que c’est chronophage. Parce que les clichés sont là dès la maternelle. Mes enfants savent ce que sont les règles. C’était simple à dire. Déjà, ils savent que je suis réglé. Que ça m’impact. Que j’assume mon besoin de calme et ralentissement dans cette période. Ils savent que je saigne mais ce n’est pas dangereux. Ils savent plein de choses. Et n’en font pas un sujet. C’est acquis et nous avons le temps pour d’autres choses. Plein. Mais du coup, quand ils entendent qu’une copine à ses règles, ils baissent leur sollicitation. Je suis toujours amusé que le fils de mon amie sage-femme en sache plus sur la conception des bébés que celui d’un ami médecin. Car il a juste grandit avec la normalité de ces questions. En faire un sujet abordable à table autant qu’un rhume est important. Ce n’est pas un sujet de moquerie. Pas chez nous. On ne parle pas de pratique sexuelle. C’est l’amalgame que font beaucoup de vos folowers. Ce qui pointe encore la nécessité de l’information.

Vous avez été irrité par l’accusation de racisme. Alors sachez-le, nous sommes conscientes que c’est du racisme ordinaire. On n’y a pas pensé. Basta. Mais la réalité des propos que j’entends depuis mon adolescence, enfin non, ma préadolescence c’est que, je cite, « les black sont monté comme des chevaux ». Les personnes racisé sont souvent réduites à des préjugés érotisant. C’est du racisme ordinaire. Des clichés intégrés dans l’inconscient collectif. J’avoue être blasée par ces clichés. J’ai de la chance, je suis une femme, rousse, grosse, et blanche. J’ai quelques privilèges. Imaginez si j’étais racisé… Je subirais plus. Enfin, je n’imagine pas. Je ne peux pas saisir le racisme. Ce n’est pas moi qui le vis. Mais je le dénonce. Vous savez, un de mes fils adore Zack et Kawk. Le héros est un petit garçon. Et quand il a un souci, il appelle sa copine, racisé, qui ressoude tout. Mais, elle n’est pas l’héroïne, d’ailleurs on oublie facilement qu’elle s’appelle Kira. Ces représentations ne sont pas anodines. Mais nous en parlons simplement. « Oh mais c’est toujours Kira qui règles tout ». On pointe ses compétences. Estène, mon fils de 7 ans, pointe que sans elle Zack ne pourrait rien faire. Mais mes enfants ont vu Totoro, les petits poneys, docteur la peluche, et bien des représentations ou la fille n’est pas l’outil de valorisation du héros. Sachez que le dernier Gosthbuster fut un délice pour eux.

Je vous invite à lire les monologue du vagin et les quelques articles suivant

Ne vous ayant toujours pas insulté et passant outre les vôtres, je reste prête a vous rencontré dans un excellent bar Bruxellois autour d’une bière, d’un jus ou d’un café au choix. Pour en parler. Vous découvrirez que les signataires de cette tribune ne sont ni des engrangé, ni des folles, ni des personne violente. Que nous sommes ouvertes à l’échange, au fond, au dialogue.

Bon week-end à vous. J’ai mis du temps à écrire au-delà de ma dyslexie et dysorthographie, j’ai surtout 4 enfants, des engagements bénévoles, du boulot, des journées trop courtes. 🙂

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“Victim Blaming” , blâmer la victime plutot que de responsabiliser l’agresseur de ses actes et tais-toi .

“Victim Blaming” , blâmer la victime plutot que de responsabiliser l’agresseur de ses actes  et tais-toi .

981402_10151714226408844_789067901_oIl y a des sujets féministes qui me tiennent à cœur.  La notion de “Victim Blaming” qui est souvent associer à l’action de silencier (dire à la personne de taire son vécu) me sont insupportable. Quand on le fait à quelqu’un devant mes yeux, je suis en colère.
On me l’a dit récemment, on le fait souvent un peu partout. Au-delà que c’est indécent de dire à quelqu’un de taire son vécu… Sans oublier que  cela entretient la culture du viol… parce que oui c’est ça qu’il faut souvent taire. D’ailleurs “on l’aurait souvent cherché”… Il y a des tas d’articles là-dessus. Je ne vais pas réinventer la roue. Je voudrais vous parler de ces deux notions avec le filtre de la parentalité.

En tant que parent ayant été victime  à un moment donné d’une agression, je ne crois pas que le silence soit la meilleur voie. Je ne parle pas pour les autres, car chacun son chemin. Mes enfants sont en questionnement sur notre généalogie, notre histoire.

Le coffreJe parle simplement. Je porte mon histoire mais ils ne portent pas mon histoire. Ils ont simplement besoin de la réalité de notre contexte. Récemment A m’a demander qui était mon père et où il était. J’ai donc répondu à hauteur de son âge qu’il était décédé. Il m’a posé des questions qui font sens pour lui et j’y ai répondu. Il sait donc que ce n’était pas quelqu’un de bien, qu’il y a parfois des parents qui ressemblent au monstre des histoires que l’on voit parfois ensemble mais que c’est pas pareil. Il n’en a pas été traumatisé. Il a simplement pris les mots et il est passé à autre chose. Ce n’est pas ses premières questions. Ils me les posent de temps en temps, autant qu’il me demande des choses sur l’histoire de son papa. Il sait aussi que certaines informations qui seront plus nette en grandissant. La porte du dialogue est ouverte.

Il me semble important pour moi, de ne pas avoir mis une chape de plomb sur mon histoire. Je suis là avec. Parfois des gens me blessent, ils me voient touché. Et simplement cela fait partie de la vie.

J’ai la conviction profonde que me silencier, ou encore silencier ce qui a lieu de douloureux, violent, agressant ne fait que pour nous le valider. E a vécu du haut de ses 6 ans déjà trop de choses. Il en parle de temps en temps et se répare. La parole est à la fois un pansement, un désinfectant, un cicatrisant.

La culture du viol n’a pas sa place chez moi. Je n’ai pas honte de ma vie, de mon vécu et je ne comprendrais jamais que les gens trouve cela fou ou déplacer d’en parler.

GAL_0622Je vois dans la parentalité que ces deux faits sont  un risque. Il est important que chacun vive sa responsabilité. Quand mes enfants transgresse l’une ou l’autre chose, de façon plus ou moins fortes, parce que les enfants testent et éprouvent les frontière et la géométrie variable de la famille les renvoyer à  leur responsabilité a du sens. Quand on blesse, quand on se chamaille ont assume sa part. Il ne suffit pas dire qu’on assume, il faut exprimer chez nous ce que c’est en quoi cela a lieu et travailler à comprendre ce qui se tisse. Et il est malvenu de faire taire les choses. Nous laissons la place à la parole.

J’ai besoin d’être en adéquation avec mes valeurs. Je vous ai déjà dit que la notion de consentement est essentiel pour moi pour ne pas véhiculer les insidieuses racines qui permette la culture du viol autant ces 2 notions évoqué aujourd’hui le sont.

Et si ça ne vous plait pas qu’une personne expose son vécu… Interrogez-vous vous-même plutôt que de tenter d’étouffer la parole de l’autre. Car cela vous appartient. Parce que si on en croit les chiffres des services de santé et services sociaux du Québec :

  • 1 femme sur 3 a été victime d’au moins une agression sexuelle depuis l’âge de 16 ans.
  • 1 homme sur 6 sera victime d’une agression sexuelle au cours de sa vie.
  • Les 2/3 des victimes sont âgées de moins de 18 ans.
  • 82 % des victimes d’agression sexuelle sont des femmes.
  • Plus de 75 % des jeunes filles autochtones âgées de moins de 18 ans ont été victimes d’agression sexuelle.
  • 40 % des femmes ayant un handicap physique vivront au moins une agression sexuelle au cours de leur vie.
  • 1 femme sur 7 est agressée sexuellement au moins une fois par son conjoint.
  • Près de 8 victimes sur 10 connaissent leur agresseur.
  • 7 victimes sur 10 ont été agressées sexuellement dans une résidence privée.
  • Près de 90 % des agressions sexuelles ne sont pas déclarées à la police.

Et n’oubliez pas : mon histoire m’appartient. Il n’y a rien d’indécent à l’exposer mais il est indécent de forcer une personne à l’exposer. Et qu’il ne faut en rien en faire un devoir de parole au sein de la famille. La zone de confort est essentielle.

Le « Non », le trouble fait de la parentalité

La parentalité est faite de dogmes. Et dogmes divergent d’ailleurs. Parmi ceux-ci il y en a un qui est mis en avant actuellement. Celui du « non », source de toutes les frustrations, et sachez qu’il est incompris par notre cerveau(1).

En matière d’éducation, il y a ce que je nomme « la culture du non ». On le trouve d’ailleurs référence en matière de gestion d’entreprise dans un article parlant de différence culturel :

De prime abord, je dirais que la culture du non est facilement acceptable dans les pays anglo-saxons. Les individus en ont l’habitude parce qu’ils ont appris, de par leur éducation, à dire ce qu’ils pensent. Donc, dire non c’est savoir ce que l’on veut. En revanche, dans les pays méditerranéens, la culture du non est moins apparente. Au Maroc, par exemple, Il y a toujours cette notion d’«inchallah», de «je vais le faire»… qui cache au fond un refus non exprimé ouvertement. Il n’existe pas non plus d’explication à ce refus parce qu’il y a la peur d’être mal compris ou mal jugé, d’arriver à un conflit ouvert. (Allene, 2005)

Il y a beaucoup de chose dérangeante dans cet extrait. La partie sur le « non » qui entre dans l’éducation à du sens. Et, je n’adhère pas au propos suivant qui dit que le non, c’est savoir ce qu’on veut. Car soyons honnête, les enfants usant et abusant de non à certaines période de leur vie nous apprennent que c’est aussi un terme reflexe.

Le non et les négations sont les vilains petits canards de l’éducation.  Reprenons les propos d’Isabelle Filliozat

Isabelle Filliozat : Notre culture est si imprégnée de ces croyances et de ces habitudes de réaction qu’il me parait illusoire de se débarrasser de ces idées une bonne fois pour toutes. Nous avons à être vigilants sur cette tendance à interpréter les comportements des enfants comme dirigés contre nous. Mais au fur et à mesure que les informations scientifiques sur le fonctionnement du cerveau de l’enfant seront diffusées, je pense que cela changera radicalement notre perspective. Nos interprétations nous permettent de donner du sens à des réactions que nous ne comprenons pas. Or, Les neurosciences explorent le cerveau de l’enfant comme jamais avant. Nous n’en sommes plus réduits à devoir interpréter, nous pouvons décoder.

NON ! Les interdits, frustrations et limites que nous donnons à l’enfant ne lui donnent pas un sentiment sécurité. Et ne lui donnent pas non plus les « bonnes » bases de la socialisation. Passons sur cette connotation morale « bonnes » bases, ceci est le dada de la psychanalyse (française) avec sa théorie des pulsions qui a fait tant de mal à l’éducation des enfants.

Ce qui donne le sentiment de sécurité aux enfants, c’est l’attachement, l’attention du parent à ses besoins, le respect, etc… c’est aussi la liberté, les permissions et les consignes qui aident à savoir comment faire ceci ou cela en toute sécurité. Les seules limites qui donnent de la sécurité sont celles de l’enfant. Il se sent en sécurité si nous lui enseignons qu’il a des limites et qu’il a le droit de les faire respecter par ses frères et sœurs, par les gens, et même par nous. » Ton corps est à toi, et si ce qu’on te fait te fait non à l’intérieur, tu as le droit de dire Stop. », « Ce stylo est à toi et si tu ne veux pas que ta petite sœur joue avec, tu as le droit de le mettre sur cette étagère en hauteur ».

Un interdit est toujours dangereux parce que le cerveau de l’enfant est un cerveau humain, c’est à dire avec un lobe frontal qui veut diriger ses propres comportements (donc risque de mobiliser de la rébellion). De plus, il est formulé en négatif le plus souvent et donne donc une mauvaise direction au cerveau de l’enfant.

Qu’est ce qui donne le plus de sécurité : “Il est interdit de courir sur la chaussée. Tu dois me donner la main en traversant.” Ou “Tu peux marcher et courir sur le trottoir, sur la chaussée, tu marches en me tenant la main.” ?

Il suffit de sentir le léger stress que nous éprouvons tous, les humains, lorsqu’on nous donne un ordre ou un interdit pour vérifier que cela ne nous met pas du tout en sécurité.

Rythme cardiaque accéléré = peur

Rythme cardiaque ralenti = sentiment de sécurité

A noter aussi : la liberté donne davantage de sécurité que les limites. Est-ce que je me sens plus en sécurité si je dois lever le doigt pour demander la permission d’aller faire pipi ? Ou si je sais que j’ai la liberté d’aller faire pipi quand j’en ai besoin parce que c’est un besoin naturel, et que la consigne est que je préviens la classe et j’emmène avoir moi un copain ?

La sécurité, le plaisir, sont des conséquences de la satisfaction des besoins d’attachement et de liberté. Plaisir, sont des conséquences de la satisfaction des besoins d’attachement et de liberté. (Filliozat, 2013)

Il y a dans ce texte des choses qui ont du sens. C’est d’ailleurs pour cela qu’une théorie séduit les gens. C’est parce que dedans. J’avoue déjà avoir du mal avec les arguments comme quoi la science doit être notre référence pour les outils de l’éducation, quand on parle en même temps d’émotion. Je trouve  cela au mieux dérangeant. La science, les études apporte certes du mieux, mais ce n’est pas une raison pour la mettre en parangon éducatif. Bien au contraire. La science à ses limites. Et c’est une bonne chose.  Je ne vais pas « tout » commenter de cette citation. J’ai des tas de choses à dire. Je vais me concentrer sur le sujet du jour  le oui et le non.

Dans l’article sur la culture du viol, j’ai évoqué que le « non » est souvent réinterpréter. Avec l’idée que le non n’entend pas le cerveau on a une belle excuse. Mais surtout, ici, on nous invite à ne pas exposer l’enfant au non. L’enfant sera un jour un adulte responsable de ses actes devant la loi. Si on ne lui donne pas le sens du « non », du « oui ». Que lui donne-t-on ?

Le non sans le oui, n’a pas de sens, autant que  le oui sans le non n’a pas de sens. Madame Filliozat propose en cas de transgression des interdits familiaux de positiver le bazar. L’enfant vidant la nourriture du chat par terre… Il faut rentre ca positif pour lui apprendre à ne plus faire une transgression « Comment on va pouvoir aider le chat à manger du coup ? ». Au final, elle nous propose la  « la culture du oui »

Là encore, il y a du bon. Mais ce n’est pas parce que dans le mouvement Matricien y a du bon, que le truc est propre 😉

Les interdits font partie de la vie de l’enfant, de l’adulte, de l’humain. De « Tu ne tueras point » à « la ceinture est obligatoire en voiture », le monde est fait de chose que l’on peut faire ou pas. La loi souvent nous dit que si nous faisons un acte non autorisé, nous serons punis. Par conséquence le reste est autorisé.

Je suis bien d’accord que l’attachement sécurise l’enfant. Mais le non, ne l’insécurise pas parce que le non est aussi une ligne de sécurité des relation humaine. La vie à un cadre. Nous dire que le cerveau ne le comprend pas et considéré l’enfant comme trop inapte à apprendre … C’est surtout ne pas préparer au vivre ensemble.

J’ai choisi une autre option parentale, l’authenticité. Je dis « non », je dis « oui ». Mes enfants quand ne savent pas si leur projet d’activité est « ok » (soit  à  ce moment-là, soit en générale) me demande.  L’absence de consentement ne veut pas dire « oui ».

Je trouve donc le point de vue de Madame Filliozat à dire aux enfants ce qu’il peut faire, que son corps est à lui, etc… Super. Elle n’est pas innovante. Elle est juste plus médiatisée.

Il y a juste ce petit arriéré gout. On Interdit de non,  on doit poser les limites « autrement ». On ne prépare pas l’humain à vivre avec ce « non ». Et cela n’est pas pour une histoire de culture sociale, loin de là. Mais pour vivre ensemble.

Et si on apprenait à nos enfants à vivre ensemble ?  Qu’on ne fasse pas un tabou des mots. Qu’on guide nos enfants. Que le « non » soit compris , car quand nos enfant seront grand il sera important dans leur vie active que si le partenaire dit « non », il ne soit pas négocier dans le sexe. Il ne soit pas remis en cause, mis au banc.

Le non, le oui, pour vivre ensemble et si on ne sait pas, on demande. N’est-ce pas plus juste ? Arrêtons de justifier cela parce que « le cerveau n’entend pas ». Il est merveilleux notre cerveau. Il apprend ! Il doit apprendre ce non, pas parce que ça va le frustrer, mais parce qu’il vit avec des autres humain.

Interdire le non, en faire un tabou, n’est-ce pas les prémices de la culture du viol et de toute les transgressions du vivre ensemble d’ailleurs? La culture du viol s’insinue dès l’enfance. Et justement la bienveillance(*), c’est aussi préparer nos enfants à vivre ensemble, à être des adultes qui écoutent l’autre, et accepte ce qu’il dit, ses limites. Car « oui, mon corps m’appartient » … Mais je ne lis pas « le corps de l’autre n’est pas a ma disposition » . Ce genre de chose s’applique aussi aux bagarres… 😉

Alors « non je ne veux pas que tu tète là mon chérie ». J’ose le dire. J’ai des garçons. Je  veux qu’il entende le non, qu’il l’apprenne, qu’ils le disent, qu’ils le reçoivent. Qu’ils apprennent que « non, c’est non », point.

Et puis a force de réfléchir à tout ce qu’on dit, comment on le dit, on ne communique plus avec nos enfants : « “Il est interdit de courir sur la chaussée. Tu dois me donner la main en traversant.” Ou “Tu peux marcher et courir sur le trottoir, sur la chaussée, tu marches en me tenant la main.” ? » (Filliozat, 2013), Avouez, la 2ième est surement séduisantes. Mais penser à tout ce qu’on dit, devenir le bon petit manuel vivant des bonnes phrases, bonjour l’image et la pression sur le parent.

Comme dans tout, je vous l’ai dit, chez moi ou ailleurs, y a du bon à prendre mais pas en parole d’évangile. A vos réflexions. En voici déjà une des mienne en matière de parentalité.

 

Références de cet article

Culture du viol

Avant tout chose dans mes pensées, il y a un cheminement. Je vais écrire plusieurs articles, réflexion de parentalité autour de la question de cette culture du viol et les transgressions*. Je trouve toute fois « bon » d’introduire, même simplement certaines notions. Cet article ne se veut pas de fond. D’autre on mieux travailler le sujet que moi.

De plus en plus aujourd’hui, la notion de culture du viol est présente dans les médias. C’est une bonne chose. Elle reste mal comprise et quand on en parle sur divers articles de presse et blog. Lire la suite « Culture du viol »